iGreen Houston

Un ecolo à Houston

14 mar

Joyeux fantômes

Posted in Mes infos on 14.03.15 by Merlyn

Joyeux fantômes«Ne les chassez pas… Ils vous feront mourir de rire !» annonce la jaquette dont l’illustration, un fantôme rigolard, rappelle furieusement l’affiche d’un film récent dont j’ai le nom sur le bout de la langue… L’éditeur a eu l’idée astucieuse de sortir cette comédie italienne de derrière ses fagots. Sorti en France en 1965, «Les joyeux fantômes» n’a pas laissé un souvenir impérissable (il est vrai que le rire transalpin n’était pas encore à la mode), mais on a l’agréable surprise d’y découvrir une distribution plaisante : Gassman, Mastroianni, mais aussi Sandra Milo et Belinda Lee, opulentes pin – up des sixties… Un vieux palais romain, quasiment en ruines, est hanté par quatre fantômes : un chevalier, un moine rondouillard, une ravissante idiote et un gamin. Ces farfelus se mêlent volontiers à la vie de leurs descendants, lorsque des revers de fortune obligent ceux-ci à vendre la demeure ancestrale. Le problème du logement est dramatique pour les fantômes. Heureusement, la solidarité existe aussi chez les habitants de l’au-delà… On retrouve dans ce gentil film de Pietrangeli les qualités du cinéma italien populaire que nous aimons : peinture pittoresque d’un petit peuple aux silhouettes savoureusement croquées par des acteurs de second plan autour des vedettes dont la drôlerie ne tombe jamais dans la caricature grossière… Les couleurs lumineuses des fantômes blancs, bleus ou argentés apportent à l’ensemble une note de poésie.

Outsiders

OutsidersA la fin des années 50, dans une petite ville de l’Oklahoma, trois frères vivent seuls dans une maison délabrée. Ils s’ennuient. Pas d’études, pas de travail. Seul intérêt de leur existence : les amis. Avec eux, ils forment la bande des Greasers (à cause de leurs cheveux gominés, façon Travolta). Ils ne sortent pas de leur quartier, et jamais en solitaire. Pour la bonne raison qu’ils sont sans cesse harcelés par une bande rivale, les Socs, bien fatigués, riches petits bourgeois, avec super bagnoles. Un soir, la bagarre entre les bandes tourne mal. L’un des adolescents est tué… Coppola, habitué aux superproductions(«Apocalypse now»), s’attaque avec «Outsiders» à un film au budget réduit, et revient à un cinéma plus intimiste. Il nous montre les teenagers américains à l’époque de «La fureur de vivre». Innocence, insouciance du lendemain, soif d’amitié et d’amour, violence déjà, sont les thèmes de réflexion du metteur en scène. Des images de toute beauté, une musique rock (on entend les Them avec leur tube «Gloria»), mais aussi funky (avec Stevie Wonder), accompagnent une histoire simple, mais passionnante jusqu’au bout. Coppola est, il est vrai, lui aussi un outsider.

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26 fév

Aldo et junior

Posted in Mes infos on 26.02.15 by Merlyn

Aldo et juniorTiré d’une célèbre BD de Wolinski, «Aldo et Junior» est une série de tableaux de famille. Aldo est un père post-soixante-huitard barbu, paumé et à l’esprit communauté. Son fils, Junior, est sérieux et préfère passer son temps à étudier les circuits intégrés qu’à courir les filles. Si ces clichés passent très bien en BD, il est plus difficile de les faire passer par le biais du cinéma. D’où une histoire politico-policière greffée par Patrick Schulmann sur la trame de départ et qui, finalement, dessert plutôt le film. Quitte à avoir un film moitié moins long, on aurait préféré que Schulmann s’en tienne aux situations de famille, truffées de gags et de quiproquos, dans lesquelles Aldo Maccione excelle, et qui révèlent un jeune talent dans la personne de Junior (Riton Liebman). Un bon divertissement.

Une nuit à CasablancaUne nuit à Casablanca

On naît marxiste toutes tendances ou on n’est pas ! Il est inutile d’essayer de décrire les situations, les gags, les calembours et les bons mots contenus dans un film des Marx Brothers. C’est là où le cinéma prend sa véritable signification, il faut le voir, et c’est tout. «Une nuit à Casablanca» fait partie de ces chefs-d’œuvre à l’état pur ; ce qui n’est pas forcément le cas pour tous les films des Marx Brothers. Si je vous dis que le trio infernal poursuit un espion dans un hôtel à Casablanca, je ne vous aurai rien dit. Parce qu’il faut regarder Groucho déambuler genoux pliés, Harpo l’écervelé au look d’épouvantail désespérément muet, nigaud et malin, ou Chico et son chapeau conique se mettant à déclamer des vers en italien sans prévenir… Il fait les voir aligner les gags au point de vous rendre malade… de rire. Il faut voir avec quelle rapidité ils enchaînent le tout. Pas le temps de retenir un bon mot ou un gag, une dizaine d’autres se bousculent au coin de la pellicule. Une seule solution : voir, revoir et revoir…

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05 fév

La smala

Posted in Mes infos on 05.02.15 by Merlyn

Le nouveau folklore Zup est arrivé… Dans une HLM style «Les Minguettes», un chômeur accordéoniste et ses cinq mouflets vivotent au jour le jour avec une mère qui joue régulièrement les filles de l’air. Simone, ex-chanteuse sixties de rock’n roll reconvertie en aide-ménagère municipale, a un faible pour l’accordéoniste et sa progéniture. Pour les aider à retrouver leur épouse et mère, Simone profite de ses vacances et de l’appartement parisien de son frère (devenu sa sœur) pour partir à la recherche de la fugueuse enlevée par un CRS de passage… Plus folklo que ce petit groupe, tu meurs !La smala Les aventures racontées par Jean-Loup Hubert dans «La smala» se présentent plus comme une suite de coups de théâtre comiques et d’effets de surprise… que comme une grande fresque sociale sur la condition prolétarienne des années 80. C’est, d’ailleurs, la faiblesse d’un film sympathique au demeurant, mais qui s’intéresse plus aux personnages qu’aux situations. Les acteurs ont donc le beau rôle. Victor Lanoux, en mari inconsolable, fait trop dans la composition monolithique et est un peu trop à côté de la plaque. Mais il y a Balasko qui n’échappe jamais totalement à son personnage de «gentille grosse comique», mais qui leur insuffle une extraordinaire humanité. Il y a toujours de la tendresse et des larmes dans les rires qu’elle suscite. En plus, elle sait se mettre un dialogue en bouche. L’aménage-t-elle à sa convenance ? En tous cas, elle sait toujours le rendre authentique et généreux, brillant sans tomber dans le mot à l’emporte-pièce, comique sans que cela se fasse au détriment du personnage. Film après film (qu’elle les écrive ou non…) Balasko s’impose comme un très original tempérament de comédie. Un tempérament clown triste et Auguste. Autre comédienne, elle aussi venue du Splendid, Dominique Lavanant s’en donne à cœur joie avec son personnage de transsexuel.

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17 jan

Suicidez-moi docteur

Posted in Mes infos on 17.01.15 by Merlyn

Il est toujours intéressant de voir le genre de rôles que se réservent les «stars» lorsqu’elles passent à la réalisation…Suicidez-moi docteur «Suicidez-moi docteur» est le second film de l’acteur Burt Reynolds, qui commença sa carrière de cinéaste par un solide film d’action, «Gator» (où il jouait), et la continua par un troisième film, un polar assez original intitulé « L’antigang » (où il jouait aussi). L’intermède burlesque de «Suicidez-moi docteur» dérouta tellement l’habituel public de Burt Reynolds que le film fut un échec et n’eut pas de suite dans le genre. Quand on voit ce (bon !) film, on comprend pourquoi ! Reynolds, qui reste le prototype du séducteur musclé et plein d’humour (sourire Colgate et sex-symbol) s’est offert ici le personnage le plus négatif qui soit. Sonny est lâche, faible, pleurnichard, trouillard, égoïste, fragile, hystérique et même… impuissant. Il évolue dans une «middle clans» américaine où les gens ne pensent qu’à eux et qu’à leur petit confort, où toute communication est devenue impossible. Le seul qui l’écoute est un fou. Sonny veut mourir et seul un fou peut l’y aider… Mais le problème est que, après quelques tentatives de suicide ratées, Sonny s’aperçoit qu’il aime la vie. Et le doux dingue à qui il a confié la mission de l’aider à mettre fin à ses jours n’a qu’une obsession : faire vite et bien ce qui lui a été demandé. Désormais, Sonny n’a plus qu’à fuir devant les coups de feu et de couteau. Sur un sujet qui n’est pas évident (Sonny Se croit atteint d’un cancer et n’aurait, selon ses médecins, que quelques semaines à vivre), Burt Reynolds construit une comédie loufoque et frénétique qui retrouve la folie endiablée du «slapstick» et autres courses poursuites-tartes à la crème du cinéma burlesque et muet américain.

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07 jan

Spartacus

Posted in Mes infos on 07.01.15 by Merlyn

SpartacusReconstitutions de batailles (dont certaines sont attribuées par les cinéphiles avertis à Anthony Mann qui commença le film avant d’être renvoyé par le producteur… Kirk Douglas, pour être remplacé par Stanley Kubrick avec qui Douglas venait de tourner «Les sentiers de la gloire»). Des combats de gladiateurs d’une étonnante et très esthétique violence. Une intrigue amoureuse. La Rome impériale et décadente reconstituée. Et la crucifixion finale. «Spartacus» fait partie de ces films monumentaux dont Hollywood a le secret… et les millions de dollars pour ! Malgré l’extraordinaire savoir-faire de Stanley Kubrick et malgré la très intelligente adaptation du roman (un peu pompier) d’Howard Fast par le scénariste Dalton Trumbo («Johnny s’en va-t-en guerre»), «Spartacus» n’évite pas les clichés mélodramatiques et historiques ! Mais cela fait partie du charme car Stanley Kubrick en profite pour raffiner son jeu de construction et imposer au film un vrai style… Ce qui est un sublime paradoxe pour une telle entreprise qui se doit d’être passe-partout pour toucher le plus large public. « Spartacus » est donc un cas presque unique de superproduction-à-grand-spectacle… d’auteur ! Et Kubrick est joliment aidé par une poignée d’acteurs qui mettent au service de leur personnage savoir-faire, sensibilité et roublardise : Laurence Olivier et Charles Laughton en sénateurs romains rivaux, Peter Ustinov en maître des gladiateurs, Jean Simmons en jeune épouse de Spartacus, Tony Curtis en esclave homosexuel et… Kirk Douglas lui-même qui arrive à faire passer une petite étincelle derrière sa fossette.

Duellistes

DuellistesPrésenté à Cannes où il obtint un prix de consolation, ce premier film de Ridley Scott (avant«Alien» et«Blade runner») contient déjà tout ce qui fera les qualités du cinéaste : sens esthétique de la dramatisation, force des sujets, etc. Pendant plus de seize ans, un officier de l’armée napoléonienne voit sa vie empoisonnée par un de ses camarades d’armes qui le provoque régulièrement en duel. Adaptant une nouvelle de Joseph Conrad (qui, elle même, s’inspire d’un fait divers historique), Ridley Scott dénonce un rite cruel et complètement décadent… qui a pourtant survécu jusqu’au 20e siècle ! Il suffisait que quelqu’un se déclare insulté pour qu’il vous provoque en duel et que vous soyez obligé d’y répondre — donc de risquer votre vie — au nom de l’honneur ! Armand d’Hubert va être ainsi poursuivi par un certain Féraud pour avoir été officiellement chargé par un général d’arrêter ce dernier pour duel. Furieux d’être dérangé devant une dame, Féraud provoque une première fois d’Hubert en duel et veut le tuer. Ce n’est que le début d’une longue suite d’échanges de coups de sabres, selon les sacro-saintes règles, dont l’un ou l’autre sort blesser… Ridley Scott a été décorateur à la BBC, puis réalisateur de feuilletons et de spots publicitaires (plus de trois mille, dit-on !). Son cinéma a su en tirer la leçon sans tomber dans les travers de l’esthétisme gratuit (… de la forme pleine et du fond vide). «Duellistes» est beau à voir et passionnant à réfléchir.

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25 déc

Sauvez le Neptune

Posted in Mes infos on 25.12.14 by Merlyn

Sauvez le NeptuneA la suite d’une collision, le sous-marin nucléaire Neptune repose au fond d’un gouffre sous-marin. La pression des grandes profondeurs est insupportable, et le sous-marin est dans un équilibre complètement instable. Les survivants n’ont plus que 48 heures d’oxygène avant de mourir, on imagine, dans d’atroces souffrances. Une opération de sauvetage est organisée et la courses contre le temps est engagée. Lorsque l’on repose par 450 mètres de fond, dans un bocal hermétique et que l’oxygène est compté, les rapports entre les hommes deviennent intéressants ! «Sauvez le Neptune» fait partie de ces films catastrophes réussis grâce à leur côté bande dessinée. C’est l’action qui importe, pas les dialogues, ni les situations dites psychologiques. L’action avant tout, même si l’on sait déjà que l’équipage sera sauvé en grande partie, et que tout finira bien. Les âmes sensibles peuvent en toute confiance regarder «Sauvez le Neptune», les claustrophobes, eux, devraient s’abstenir à moins qu’ils n’aient un ballon d’oxygène sous la main !

Moïse

MoïseJe n’irai pas jusqu’à vous raconter in extenso l’histoire de Moïse sauvé des eaux… Chacun peut se reporter à la Bible des familles pour trouver un résumé fidèle du film ! Néanmoins si le style du Pentateuque vous semble un peu obscur, sachez que l’action se passe en Egypte sur les rivages du Nil. Le jeune Moïse échappe au massacre des enfants juifs et est recueilli par la fille du pharaon. Il grandit dans un contexte politique troublé. C’est à lui qu’Iahvé, c’est-à-dire Dieu, révèle les tables de la loi les dix commandements. Puis Moïse est investi d’une mission : il prend la tête des Israélites, les fait sortir d’Égypte et les guide quarante ans dans le désert, direction la terre promise. Péplum à l’italienne, «Moïse» est un film à grand spectacle pour amateurs du genre. Interprété par de grands acteurs comme Burt Lancaster, Antony Quayle, Irène Papas, etc., c’est le genre de film que l’on aime à voir et à revoir. A noter le fait que Moïse est barbu, mais n’est pas représenté avec deux cornes sur le front qui sont pourtant les signes de sa puissance surnaturelle ! Pourtant, en vérité je vous le dis, Moïse a toujours été représenté avec des cornes.

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06 déc

Terre des pharaons

Posted in Mes infos on 06.12.14 by Merlyn

Le pharaon Chéops (Jack Hawkins) demande à l’architecte Vashtar (James Robertson-Justice) de lui construire un tombeau inviolable. En échange, il lui promet la liberté pour lui et son peuple. Vashtar commence ainsi la construction de la grande pyramide, qui dure de longues années. Devenu presque aveugle, Vashtar dirige les travaux par l’intermédiaire d’un assistant. Pendant ce temps, Chéops a répudié sa femme parce qu’il s’est épris de la princesse Nellifer (Joan Collins), mais celle-ci, poussée par sa cupidité, fait assassiner la femme de Chéops, puis le pharaon lui-même. Mais le secret de la pyramide, imaginé par Vashtar, servira de vengeance, posthume au pharaon Chéops. Ces aventures antiques sont un peu la réponse de Howard Hawks à Cecil B. de Mille. Au lieu de la lourdeur pompeuse et sulpicienne des «Dix commandement », c’est une véritable tragédie qui se joue dans «Terre des pharaons», écrite avec le collaboration de William Faulkner lui-même. Hawks a voulu reconstituer l’Égypte des pharaons d’une manière quasi-documentaire : tout ce qui concerne la construction des pyramides est ainsi d’une précision étonnante dans l’authenticité. Le comédien britannique Jack Hawkins est très convaincant en Chéops. Quant à Joan Collins, presque trente ans avant «Dynasty», elle compose un rôle de garce sublime qui lui va à merveille.

Rive droite, rive gaucheRive droite, rive gauche

Un film «capitale» et très géographique… Rive droite, habite Paul, avocat d’affaires, de renom, qui a mis ses idéaux de jeunesse dans sa poche avec son mouchoir par dessus, pour ne goûter que les satisfactions de la réussite. Paul défend un certain «président», homme d’affaires dont l’honnêteté n’est pas la qualité première… Rive gauche, vit Sarah, seule avec son petit garçon. Pour le moment, elle est «relations publiques». Mais sa franchise trop directe et son refus des compromissions lui font souvent claquer la porte. Apparemment, rien ne pouvait réunir Sarah et Paul… si ce n’est une boucle d’oreille égarée et l’amour. Par amour, Paul va se remettre en cause, dénoncer les compromissions et devenir un homme traqué. Par amour, Sarah va lutter à ses côtés… Philippe Labro organise son film à la fois comme une comédie sentimentale et comme un thriller. Il filme l’un et l’autre «à l’américaine». Et il photographie aussi Paris «à l’américaine», ne reculant devant aucune beauté carte-postale, ni aucun lieu trop clinquant. Et il nous fait redécouvrir une évidence un peu oubliée : Paris est sûrement une des (la ?) plus belle(s) ville(s) du monde. L’histoire qu’il nous raconte est parfois un peu «cucul-bons sentiments» et sa dénonciation politique est (hélas !) beaucoup plus évidente que dans la réalité. Mais il y a les acteurs. Baye et Depardieu qui forment un beau couple, puissant et doté d’un charme certain. Mais il y a surtout Carole Bouquet de plus en plus belle… trop belle, peut-être, pour qu’on ait pris la peine de remarquer que c’est aussi un joli tempérament dramatique. Dans le rôle «cliché» de la grande bourgeoise légitime trompée et qui a peur de perdre ses privilèges, elle est fascinante de justesse et de sensibilité !

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19 nov

Chasse à mort

Posted in Mes infos on 19.11.14 by Merlyn

Chasse à mortLes deux intérêts de ce film sont : d’abord le duel implacable que se livrent deux colosses du film d’action hollywoodien (Bronson et Marvin) et, ensuite, les plaines enneigées qui séparent le Yukon de l’Alaska. Du côté du «traqué», Bronson fait dans le trappeur solitaire et sauvage. Une sorte de Rambo avant la lettre. Du côté du «traqueur», Marvin porte vaillamment l’uniforme et se laisse (juste ce qu’il faut) dépasser par les événements. Les deux hommes appartiennent au passé et croient dans des valeurs de courage et de droiture qui semblent bien périmées dans le tourbillon de sauvagerie contemporaine dans lequel ils sont malgré eux entraînés. Il y a, dans cette «Chasse à mort», de la rencontre de brontosaures. On pense à des films comme « Coups de feu dans la Sierra » de Sam Peckinpah. Cette- dimension «Dernier des géants» permet au film de Peter Hunt d’échapper à la traditionnelle course-poursuite violente et sanglante (puisque c’est la mode) pour accéder à la vraie fresque humaine. Entre les deux acteurs, un petit «jeunot» se fait une place dans «Chasse à mort» : Andrew (fils de Stella) Stevens qu’on avait déjà vu, assez incolore, dans «Furie» de Brian de Palma. Ici, amaigri et ayant perdu son côté «blond-californien-nourri-au-pop-corn», Andrew Stevens impose une vraie présence dans le rôle du second de Marvin. L’autre intérêt du film c’est, bien sûr, les immenses paysages d’Alaska. Superbement beaux et impressionnants lorsqu’on les regarde dans le confort douillet de son salon, devant téléviseur et magnétoscope.

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12 nov

Les guerriers de la nuit

Posted in Mes infos on 12.11.14 by Merlyn

Lorsque le film a été présenté, pour la première fois à la censure française, il fut classé X (avec tout ce que cela sous-entend de répression économique) pour des raisons d’incitation à la violence sociale. Les pauvres chéris de « Dame Anastasie » avaient d’ailleurs fait un lot avec «Mad Max I», auquel ils voulaient faire subir le même sort… Le distributeur en coupa 10 minutes Puis quelque temps plus tard, le film sortit intégralement. Et c’est cette version « intégrale » que l’on peut voir en cassette.Les guerriers de la nuit «Warriors» (titre original de ces «Guerriers de la nuit») n’a rien à voir avec le film terroriste ou le document complaisamment réaliste. Bien au contraire ! On est en plein dans le mythe. De jeunes mecs d’une bande de quartier, les Warriors, se rendent, à l’autre bout de New York, à un meeting de conciliation auquel ont été conviés tous les loubards du coin. Mais, au cours du meeting, le grand prêtre de cette cérémonie pacifique est tué et les Warriors faussement accusés. Dans la nuit, les couloirs de métro et les rues désertes, seulement arpentées par les groupes lancés à leur poursuite, les Warriors vont tenter de survivre, de sentir les pièges et de les éviter. Ce groupe tentant de retourner dans son fief de Coney Island, c’est Ulysse et ses compagnons dans «Macadam-odyssée». Il y a même une séquence où ils sont victimes des sirènes ! Walter Hill a transcendé la violence pour en faire ce qui lui tenait à cœur : un western urbain, avec tout ce que cela comporte de machisme, de charisme et d’onirisme. Walter Hill soigne son atmosphère et son rythme. Il y a dans «Warriors, les guerriers de la nuit» tout cet esthétisme sublime et décadent que l’on retrouvera un peu dans «48 heures» et beaucoup dans les (moins réussies) «Rues de feu». Hill joue avec les couleurs, l’insolite (principalement au niveau de l’apparence des bandes que rencontrent les Warriors), la musique et la lumière. Son film annonce, avec un extraordinaire pouvoir d’innovation, le cinéma «vidéo-clip» d’aujourd’hui. Du superbe travail !

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29 oct

BERNARD GIRAUDEAU le cérébral

Posted in Mes infos on 29.10.14 by Merlyn

On pourrait parler de son 1,80 m tout en muscles, la taille préférée des réalisateurs qui ne conçoivent pas de films sans escalades périlleuses à faire exécuter par le comédien himself. Justement, au cours d’une séquence du «Ruffian», José Giovanni prend un malin plaisir à nous le montrer cascadant prestement le long de la tour Eiffel. Gilles Béhat, lui, frappe encore plus fort puisque, dans «Rue barbare» , il transforme Giraudeau en un implacable vengeur au look approprié de circonstance : rouflaquettes en goguette, biceps bien huilés et les tatouages qui vont avec. On pourrait évoquer son sourire, cette tornade blanche tendance Gibbs qui balaie tout sur son passage. Pour ce, vous avez le choix entre le sourire enjôleur pour des films qui le sont moins («Moi, fleur bleue» ou «Bilitis») et le sourire tout terrain tour à tour rassurant («La boum», «Et la tendresse, bordel !»), évident («Croque la vie») ou inquiétant («Le grand patron»). La taille plus le sourire, que manque-t-il d’autre à l’appel ? Mais les yeux, nom d’un cliché éculé ! Il n’y a pas si longtemps, ils constituaient à eux seuls un sujet de dissertation favori pour journalistes en mal de lieux communs. Une certaine uniformité dans les rôles proposés ajoutée à ce physique avantageux font qu’aux alentours de 1980, certains redoutent de voir (Gi) Giraudeau l’amoroso s’installer dans un créneau très Monsieur-Propre-le-gendre-idéal. Et puis, lentement, les choses changent et les jugements évoluent. Fort du succès commercial de deux comédies («Et la tendresse, bordel !» en 1979 et surtout «Viens chez moi, j’habite chez une copine» l’année suivante), Bernard aborde avec bonheur un registre volontiers plus dramatique. Il est le héros de «Passion d’amour» d’Ettore Scola qui sort en septembre 1981 sur les écrans français. Là, on ne s’attarde plus en banalités plus ou moins flatteuses sur le physique de l’intéressé. Pour la (presque) première fois, on évoque surtout l’indéniable qualité de sa performance dans ce film où il incarne un fringant militaire italien du siècle dernier qui s’éprend d’une femme extrêmement laide.BERNARD GIRAUDEAU Ici, la belle gueule de Bernard est, une fois de plus, mise avant, mais, et là réside la nouveauté, uniquement parce que l’intrigue l’exige. «Il est évident que Scola avait en tête un certain physique, explique l’acteur. Et une certaine santé, au départ, puisque le personnage se détruit au fur et à mesure. Scola, qui est très psychologue, a dû comprendre qu’intérieurement j’étais plus angoissé, fragile et violent que je ne le laissais paraître». Un aveu qui n’étonne nullement ceux qui se souviennent qu’avant d’éclater au cinéma, Giraudeau avait déjà trouvé une part de bonheur sur scène. Autant d’occasions idéales d’apprendre son métier sans s’enfermer dans un carcan de compositions stéréotypées. De conforter son instabilité innée face au public. Du théâtre lui vient surtout le goût du grimage et du déguisement. Et le besoin impérieux de porter des masques aussi différents que possible. Tel un caméléon, Bernard éprouve un malin plaisir à se glisser dans toutes les peaux possibles et imaginaires, histoire de se perdre pour mieux se retrouver. Cette notion de communion dans la diversité ne semble pas servir uniquement d’alibi à sa vocation de comédien. Il paraît sans cesse soucieux de rassembler les pièces d’un puzzle tout à fait personnel dont il est sûr de venir à bout, même s’il ne sait pas trop à quoi ressemblera le résultat final. Cela avec autant sinon plus de volonté et d’acharnement tranquille qu’un autre. «Je recherche des rôles solides qui me forcent à redécouvrir ma nature, excessive et physique», dit-il. L’occasion lui est offerte après «Passion d’amour» qui ouvre à l’acteur une voie fertile en compositions des plus diverses. Un crochet par l’univers doux-amer de Jean-Charles Tacchella qui lui fait «croquer la vie», toujours en 1981, et voilà Bernard flirtant voluptueusement avec ces changements à vue qu’il affectionne tant. Dans «Le grand pardon» d’Alexandre Arcady, il campe une petite frappe sans scrupules, nageant dans les eaux troubles du milieu. Retour à la passion majuscule en 1982 dans «Hécate» où, muté dans l’Afrique du Nord des années 30, il s’éprend d’une superbe et énigmatique jeune femme qui a les traits de Lauren Hutton. «Ce qui m’a intéressé dans «Hécate», c’est d’abord que ce soit un film sur les fantasmes, sur l’idée qu’on peut se faire de la femme, sur la jalousie, la violence et aussi sur un personnage médiocre dont la vie entière est bouleversée par un événement amoureux qui n’aura pas duré longtemps. J’avais également très envie de tourner avec Daniel Schmid, le réalisateur. C’est un homme qui vit par passion, même avec ses comédiens. Il y a donc une espèce de tourmente sur le plateau, un vent de folie, de haine et de tendresses mêlées. «Hécate», cela a été l’expérience d’un profond investissement de moi-même dans un personnage». Toujours en 1982, Giraudeau retrouve José Giovanni qui l’avait lancé au cinéma en 1973 dans «Deux hommes dans la ville» et en 1975 dans «Le Gitan», deux films avec Alain Delon pour principale vedette masculine. «Le ruffian» marque également la rencontre de Bernard avec Lino Ventura. «Se frotter à Ventura, c’est quand même bien excitant, raconte Bernard. C’est toujours extraordinaire de rencontrer des gens qui ont une stature cinématographique, qui sont ce qu’on appelle des bêtes de cinéma. Avec Lino, ça a été formidable, on s’est parfaitement entendu. Au fond, il n’est pas Ventura pour rien, pas un mythe gratuit, fabriqué. Ce qui domine chez lui, c’est son authenticité». Nos deux acolytes cascadent et castagnent donc à qui mieux mieux dans une intrigue truffée de grands espaces «technicholorisés», de courses au trésor et d’amitiés pures, dures et mouvementées. De la témérité, Giraudeau n’en manque pas au, cours de cette année 1982. Invité au festival de cinéma de Manille organisé par la présidente Imelda Marcos, il s’arrange pour effectuer auprès de ladite dame une demande de libération de prisonniers politiques. Cela par missive interposée et le plus courtoisement du monde. Effarement de la présidente qui expulse manu militari notre bouillonnant trublion vers des horizons plus cléments. Heureusement que, côté cour, les choses vont beaucoup mieux pour l’acteur qui «éclate» véritablement en 1983, l’année Giraudeau. En effet, et en l’espace d’un seul film («Rue barbare» de Gilles Béhat) et d’une pièce («K2»), il réussit à polariser l’attention des médias et d’une grande partie du public. Cette fois, tout le monde est d’accord pour souligner l’évidence de la rencontre de Bernard avec son rôle, celui de Chet, le héros de «Rue barbare». Ce dernier s’oppose, pour les besoins de l’intrigue, à Matt, le chef des barbares, une bande de dangereux désaxés. Leur antagonisme atteint son paroxysme lors d’un combat final d’une violence rarement atteinte dans le cinéma français. «Chet est un révolutionnaire qui mène une lutte sans merci contre une sorte de parrain, précise Bernard. Il constitue un des plus beaux personnages qu’il m’ait été donné d’incarner jusqu’à présent. Il est intense, instinctif et va jusqu’au bout de son destin. Il apparaît exactement tel qu’on l’avait imaginé au départ. Avec ses défauts, sa tendresse, sa passivité… sans parler de sa lâcheté finale : le fait de partir. Le plus étonnant, c’est qu’il s’agit-là d’une rencontre avec un personnage qui ne m’était pas destiné au départ. Je savais que ce rôle me correspondait profondément, mais j’étais pratiquement le seul à le savoir, hormis Gilles Béhat et nos producteurs». Une composition très physique pour les besoins de laquelle Giraudeau apprend à pratiquer la boxe thaïlandaise, un exploit que l’on ne manque pas de comparer à celui qu’il effectue alors tous les soirs sur la scène du théâtre de la Porte Saint-Martin. Dans «K2», il escalade un sommet de mousse synthétique haut de 18 mètres, afin de sauver son ami blessé. Cette performance tient en haleine pendant plusieurs mois un public qui applaudit là autant le sportif que le comédien. Ce dernier a d’ailleurs toutes les raisons de se réjouir de ce succès scénique aussi bien que de l’impact provoqué par sa prestation dans «Rue barbare». Il prouve ainsi qu’un acteur doué peut parfaitement gagner sur deux tableaux aussi différents que le cinéma et le théâtre, pour peu qu’il ait le goût du «jeu» et la volonté de gagner. Bernard Giraudeau explique d’ailleurs parfaitement la complémentarité nécessaire entre le monde des planches et celui du septième art. «Un tournage, ça représente quatre mois d’immobilisation. Si je ne faisais que cela, plus de théâtre. Et le théâtre, c’est le contact, la joute avec le public chaque fois. On sent qu’il y a des jours où on décolle, des représentations dont on sait qu’elles constituent un moment exceptionnel. Il est très difficile d’avoir exactement la même sensation au cinéma. On est un petit peu coupé en rondelles au gré de la volonté du metteur en scène, du monteur… Le théâtre, c’est aussi l’éphémère. Le rideau tombé sur la dernière représentation, il ne reste plus rien. J’aime cette notion de disparition. Un film, ça reste…»Ayant enfin trouvé sa vitesse de croisière, Giraudeau suit, en 1984, la même règle qu’il s’était fixée l’année précédente en n’apparaissant que dans un seul film, «L’année des méduses» de Christopher Frank. Cela si on excepte sa très brève apparition dans « Papy fait de la Résistance ». Dans «L’année des méduses», il y incarne un «mac» made in Saint-Trop’ pris en chasse par une nymphette vipérine alias Valérie Kaprisky. Bernard se sort de cette composition avec tous les honneurs, il n’a aucune cascade à effectuer entre deux tirades. Si ce n’est celle qui consiste à éviter, pour les besoins de l’intrigue, mademoiselle Kaprisky dont il remplacerait bien l’huile à bronzer par un soupçon de pesticide, histoire d’avoir un peu la paix. Voilà qui nous change radicalement des «Spécialistes», le Giraudeau 85 qui voit Bernard renouer avec le film d’aventures, les dangereuses cascades et… Christian Fechner, son producteur préféré. Plus Gérard Lanvin, un partenaire de choc pour une histoire mouvementée filmée principalement à Nice et dans les gorges du Verdon. Le tournage se déroule dans des conditions quasi-idylliques, n’en déplaise à ceux qui misaient sur un affrontement entre les deux têtes d’affiche. «Nous n’avons jamais travaillé ensemble, raconte Bernard, mais nous en avions envie depuis longtemps. Comme Fechner cherchait un nouveau tandem, ça s’est fait assez facilement. Gérard et moi, nous nous sommes formés en faisant d’abord un peu tous les métiers. Et puis, nous sommes l’un et l’autre des acteurs physiques… L’entente est aussi avec le producteur, poursuit-il. Il sait ce qu’il veut. Entente encore avec le metteur en scène, Patrice Leconte, que je connais depuis «Viens chez moi, j’habite chez une copine». Jusqu’ici, il n’a fait que des comédies, mais sur le scénario de Bruno Tardon, il a toutes les chances de faire un bon film d’aventures bien rythmé». L’affiche des «Spécialistes» a donc de quoi satisfaire tous ceux qui rêvaient à une rencontre au sommet (du Verdon) entre nos deux graines d’étoiles. Depuis, l’acteur a entamé le tournage de «Coups fourrés» de Gérard Vergez avant de retrouver, dans «Les longs manteaux», Gilles Béhat qui l’avait déjà dirigé dans «Rue barbare».

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