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14 Oct

Josiane Balasko

Posted in Mes infos on 14.10.14 by Merlyn

Josiane BalaskoDans votre film, qui est le sac et qui sont les nœuds?

Il y a trois nœuds, Farid Chopel, Isabelle Huppert et moi. Il y a différentes histoires qui se nouent, se dénouent et forment un gros sac… de nœuds.

Un drôle de titre pour une drôle d’histoire, non ?

Au départ, j’ai voulu écrire une histoire pour des femmes. Les hommes écrivent bien pour des hommes. J’ai pensé tout de suite à Isabelle (Huppert) parce que j’estime qu’elle a un énorme talent comique. Elle l’a prouvé dans le film. Mais comme la vie sans hommes est trop triste, j’ai fait appel à Farid Chopel. Il est formidable en Arabe Portugais. J’ai voulu que les deux bonnes femmes soient très actives et que l’homme subisse. Pour cela, j’ai été influencée par le film «Gloria» dans lequel Gena Rowlands a un rôle très positif. Je ne voulais pas faire un film dans lequel les femmes soient uniquement bien coiffées.

Vous êtes même très mal coiffée…

Oui, Isabelle Huppert est un bonbon anglais et je suis une clodo.

Êtes-vous toujours sûre que les hommes préfèrent les grosses ?

Oui (rires). Pourquoi renie-rais-je ce que j’ai affirmé il y a trois ou quatre ans ? Dans «Sacs de nœuds» je ne suis ni maigre ni grosse, je joue un personnage asexué.

Pensez-vous que, dans la réalité, les flics soient aussi méchants et aussi soûls que dans votre film ?

Non, mais c’est vrai qu’un flic bourré ça fait rire. Je pense que c’est un métier très difficile et que l’on peut leur pardonner d’être bourrés de temps en temps.

Préférez-vous braquer un chauffeur de taxi ou un routier ?

Je crois que je préfère braquer un chauffeur de taxi. Ils ne sont jamais libres et ils rentrent toujours sur la banlieue.

Chez vous, vous dormez toujours dans des cartons ?

Non, j’ai essayé d’éviter cela depuis longtemps. Mais ça doit être agréable, quand on n’a rien.

Avec qui préférez-vous passer une tranche de vie, Farid Chopel ou Coluche ?

C’est une question difficile. Ils valent le coup tous les deux. Je les prendrais chacun leur tour.

Quelle est la meilleure façon de se suicider, le gaz ou une balle dans la tête ?

Il y a toujours des aléas. Les deux en même temps, ça doit être sympathique.

Pourquoi ne voulez-vous pas laisser votre corps à la science ?

Il n’y a pas de raison pour que je laisse gratuitement mon corps à la science. Mais il y a une solution qui me tente. Il s’agit d’envoyer ses cendres dans la stratosphère. Ce n’est pas plus cher qu’une concession à perpétuité au Père Lachaise, soit 30 000 francs. C’est génial parce qu’on n’est pas emmerdé par les voisins et l’on peut capter les radios libres.

Madame le metteur en scène, Josiane Balasko est-elle une bonne actrice ?

Le metteur en scène l’a engagée, il présume donc que c’est une bonne actrice. Pendant le tournage, je ne me suis pas posé la question. D’ailleurs, en tant qu’actrice, j’ai trouvé que le metteur en scène s’était beaucoup occupé des autres et très peu de moi.

Avec Isabelle Huppert, est-ce que ça a été quand même la smala ?

Ça a été la grande amitié. Ça peut sembler paradoxal parce qu’elle n’appartient pas au même milieu que moi et nous n’avons pas suivi la même formation d’acteurs. Entre les prises de vues, on s’est marrées comme des tordues. Ça se voit sur les images que l’on s’est bien entendues.

Si vous étiez une journaliste de Libération, iriez-vous enquêter sur le passé de Le Pen ?

Oui. Pourquoi ne pas aller jouer les «fouille merde» chez Le Pen ! Je préfère que l’on parle de cette grosse ordure plutôt que d’un pauvre gamin qui a été étranglé comme le petit Gregory.

En ce qui concerne la Nouvelle-Calédonie, vous sentez-vous plus près des Caldoches ou des Canaques ?

Je n’y connais rien. Quand il y a des mecs qui sont là au départ et qu’il y en a d’autres qui viennent après, il y a toujours des problèmes.

Si je vous dis 205 Turbo 16, ça vous fait penser à quoi ?

C’est une bagnole, je pense.

Avez-vous des signes extérieurs de richesse ?

Je me dis toujours«qu’est-ce que j’ai fait de Mon pognon ?». Non, je n’ai même pas de signes intérieurs.

Vous avez, je crois, un magnétoscope. Comment l’utilisez-vous ?

Pour moi, c’est une mémoire. Je revois surtout beaucoup de films.

Et quels sont vos goûts en matière de cinéma ?

A part «Marche à l’ombre», je ne suis pas allée voir de films depuis très longtemps. J’ai tourné pendant trois mois, j’ai monté le film pendant deux mois et aujourd’hui je réponds à vos questions. Ça prend du temps tout cela.

Seriez-vous prête à collaborer avec une chaîne de télévision privée ?

Ça dépend combien ils me paient.

Pourquoi n’avez-vous pas été nominée pour les Césars ?

Parce que je suis une actrice comique. C’est sale. Ceux qui font du cinéma dramatique ne peuvent pas tout avoir, les entrées et les honneurs.

Avec quels acteurs ou actrices rêvez-vous de jouer ?

Depardieu, Coluche et plein d’autres pour les hommes. Fanny Ardant pour les femmes. Disons que j’aimerais jouer avec des acteurs au registre totalement différent du mien, comme ça a été le cas avec Huppert.

Et avec quels réalisateurs ?

Diane Kurys, André Téchiné, Zulawsky et tous les metteurs en scène qui font, encore une fois, des choses différentes de ce que je fais. Il y a aussi Truffaut, mais il est mort. Je me suis rendue compte qu’un grand nombre de réalisateurs que j’aimais étaient morts. Ce n’est pas pratique.

Vous a-t-on proposé d’être James Bond girl’s ?

Non, car je préfèrerais être James Bond en personne.

C’est à la mode. Quand allez-vous faire votre premier disque ?

J’en ai déjà fait un pour le film «La smala». C’était un twist. Je dis quand même qu’il faut laisser la place à ceux qui chantent mal. Comme je chante à peu près bien, j’évite de faire des disques.

Quels sont vos projets professionnels ?

Je dois jouer une pièce de théâtre à partir du 9 mai au Splendid avec Michel Blanc. Ça s’appelle «Nuit d’ivresse». C’est une pièce que j’ai écrite il y a deux ans.

Josiane Balasko fait-elle de la résistance… à la nourriture ?

J’aimerais bien, mais en ce qui concerne la bouffe, je serais plutôt «collabo».

Y a-t-il une question à laquelle vous détestez répondre ?

Oui, c’est : «Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?»

Quelle est la question que vous aimeriez-vous que l’on vous pose ?

Méfiez-vous. Le dernier journaliste qui m’a posé la question, je lui ai répondu qu’il pouvait demander si je le trouvais chiant. Quand il m’a dit : «Est-ce que vous me trouvez chiant ?», j’ai répondu franchement…

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