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Un ecolo à Houston

24 avr

La pirate

Posted in Mes infos on 24.04.15 by Merlyn

C’était à Cannes, en mai 1984. Il pleuvait encore et toujours. Après treize jours de films, déluge d’images qui finissent toutes par se ressembler comme les gouttes de pluie, arriva «La pirate».La pirate Un film trop personnel, trop dur peut-être : ce fut un concert de quolibets. Et il fallut se battre pied à pied pour le défendre. Au cours d’une conférence de presse mémorable, nul n’oubliera la vibrante plaidoirie de Jane Birkin, grand moment d’émotion de ce festival. Heureusement, le public fut au rendez-vous de cette «Pirate», et aujourd’hui la cassette vidéo est l’instrument d’une revanche bien méritée. Au centre du film, l’amour déchiré et déchirant : Alma est rejointe par Carol, beauté animale et sauvage qui fut sa maîtresse et qu’elle aime toujours sans cesser d’aimer son mari Andrew. Partira-t-elle avec Carol vers la tempête de la mer du Nord, restera-t-elle avec Andrew ? Ecartelée, Alma veut désespérément savoir qui l’aime le plus. Témoins improvisés de ce ballet destructeur : l’enfant (Laure Marsac) et le «n° 5» (Philippe Léotard). Les scènes d’amour filmées comme des scènes de meurtre vont jusqu’à la mort, filmée comme un acte d’amour. Voyeur forcé de ces corps-à-corps brutalement impudiques, le spectateur-témoin ne sort pas intact d’une œuvre qui va jusqu’au bout de ses obsessions.

Les enragés

Chef opérateur renommé du cinéma français, Pierre-William Glenn signe ici son premier film comme réalisateur. Non sans audace, il a choisi ici un sujet difficile et le traite avec rigueur. Ses personnages sont deux voyous, deux marginaux aux manières étranges et aux tenues équivoques. Pilleurs de troncs d’occasion, ils empruntent une voiture et tombent en panne, puis échouent dans la villa d’une star de cinéma, Jessica Melrose. Tard dans la nuit, celle-ci rentre chez elle et se retrouve, sans défense, face à ce tandem inquiétant. La situation est classique : c’est le jeu du chat et de la souris, suite de coups fourrés, de tentatives désespérées de séduction, d’explosions de violence incontrôlée…Les enragés L’originalité vient, ici, de la personnalité de la vedette, que l’un des deux malfrats idolâtre depuis son adolescence, ce qui introduit un trouble particulier dans leurs relations. Ce scénario aux circonvolutions insolites est signé Gérard Brach, le complice habituel de Polanski, qui a fignolé une sorte d’«Orange mécanique» intimiste et pervers. Un ensemble subtilement obsédant, pour amateurs seulement.

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13 avr

Sakharov

Posted in Mes infos on 13.04.15 by Merlyn

Il a aujourd’hui 64 ans. Il a inventé la bombe à hydrogène. Il est un des savants les plus honorés d’Union Soviétique. Il a pourtant abandonné tous les privilèges que lui procurait son rang pour revendiquer la liberté d’expression et défendre les droits de l’homme. Aujourd’hui, dans un état de santé précaire, Ardreï Sakharov et son épouse sont exilés à Gorki depuis 1980. Jack Gold (à qui l’on doit des films efficaces comme «Le petit Lord Fauntleroy» avec Alec Guiness ou «La grande menace» avec Richard Burton, mais aussi des films virulents comme «Les visiteurs») semble ici un peu gêné par un sujet trop exemplaire et qu’il ne peut pas étoffer de véritables scènes d’action.Sakharov Le destin de Shakarov, tel qu’on le connaît ici et tel que peut le résumer un film de deux heures, ne peut que se réduire à une suite de moments signifiants et dramatiquement forts. Gold a beau montré la rencontre avec sa seconde femme Helena, leur amour et leur inaltérable soutien mutuel dans le combat politique, il ne peut s’empêcher de minimiser l’être humain au profit du militant. On le regrette un peu, même si la lutte d’Andreï Sakharov et de sa femme pour une chose aussi évidente que la liberté de l’individu montre parfaitement (et sans haine ou excès) la répression implacable d’un régime qui n’admet pas la dissidence. Jason Robards joue un Shakarov tout dans le masque et Glenda Jackson une Helena tout en fragile détermination… Mais, devant un document comme «Sakharov», on se dit que les «bons sentiments» un rien trop mélodramatiques sont peut-être un excellent moyen de faire savoir à un grand public non motivé qui est Andreï Sakharov, quel combat il mène et quel danger de mort le menace, ainsi que son épouse, si la pression de l’opinion occidentale n’oblige pas le KGB à les laisser en paix. Le «Sakharov» de Jack Gold, dans la limite de ses ambitions et de ses moyens, participe à ce combat.

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