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Un ecolo à Houston

30 mar

L’assassin du dimanche

Posted in Mes infos on 30.03.15 by Merlyn

Sur fond d’histoire criminelle baroque, un portrait de la haute, très haute bourgeoisie italienne de Turin qui s’ennuie ferme. Une grande dame, Anna Carla Dosio (superbe Jacqueline Bisset) passe et use le temps entre les séances de coiffeur et ravalement de façade dont elle n’a, au demeurant, pas vraiment besoin. Son ami et confident, c’est Massimo Campi (Jean-Louis Trintignant) un homosexuel également de la haute et tendance «folle». Tous deux sont compromis dans une affaire criminelle et soupçonnés d’avoir tué Garrone, un architecte perverti. D’origine modeste, l’inspecteur se retrouve plongé dans ce monde étrange de la bourgeoisie décadente. Etrange et pervertie au point que la belle Anna Carla s’offrira au passage une petite escapade à la lady Chatterley avec le commissaire du peuple, pris dans son sens strict, avant de rejoindre ses petits tableaux de maître, sa demeure bourgeoise, ses philodendrons et son gros bourgeois de mari qu’elle n’aime pas. Humour et cynisme, Comencini se plaît dans les satires sociales, mettant souvent en scène d’odieux satyres et tire le portrait d’une certaine haute-société à l’italienne qu’il égratigne à plaisir.

Le droit du plus fort

Le droit du plus fortAu centre de ce Fassbinder d’avant la grande célébrité, il y a le personnage de Fox (que Fassbinder, qui ne se considérait pourtant pas comme un acteur professionnel, a décidé d’interpréter pour… le banaliser et échapper aux clichés homosexuels). Fox est un prolo qui se retrouve tout à coup en position de force. Il a gagné au Loto une grosse somme et il a séduit un jeune bourgeois, mais il appartient trop à la société dans laquelle il vit pour ne pas retomber, sans s’en apercevoir, dans un processus d’exploitation et de dépendance. Eugen, le nouvel ami de Fox, va organiser un lent et sous-terrain travail de sape. Il va d’abord lui faire une culture (en redressant ses goûts), et une bonne éducation (en redressant sa grossièreté). Puis il va lui donner l’illusion de respectabilité et de stabilité (en se faisant acheter un appartement et en lui faisant investir son argent dans l’atelier déficitaire de relieur de son père). Mais, comme beaucoup de relations amoureuses, le couple Eugen/Fox ne s’entend plus. La séparation montrera douloureusement à Fox que, malgré toutes les illusions, on n’échappe pas à sa condition sociale… Les autres ne vous laissent pas échapper à votre classe sociale. Un Fassbinder attachant, très personnel et qui mérite d’être redécouvert.

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14 mar

Joyeux fantômes

Posted in Mes infos on 14.03.15 by Merlyn

Joyeux fantômes«Ne les chassez pas… Ils vous feront mourir de rire !» annonce la jaquette dont l’illustration, un fantôme rigolard, rappelle furieusement l’affiche d’un film récent dont j’ai le nom sur le bout de la langue… L’éditeur a eu l’idée astucieuse de sortir cette comédie italienne de derrière ses fagots. Sorti en France en 1965, «Les joyeux fantômes» n’a pas laissé un souvenir impérissable (il est vrai que le rire transalpin n’était pas encore à la mode), mais on a l’agréable surprise d’y découvrir une distribution plaisante : Gassman, Mastroianni, mais aussi Sandra Milo et Belinda Lee, opulentes pin – up des sixties… Un vieux palais romain, quasiment en ruines, est hanté par quatre fantômes : un chevalier, un moine rondouillard, une ravissante idiote et un gamin. Ces farfelus se mêlent volontiers à la vie de leurs descendants, lorsque des revers de fortune obligent ceux-ci à vendre la demeure ancestrale. Le problème du logement est dramatique pour les fantômes. Heureusement, la solidarité existe aussi chez les habitants de l’au-delà… On retrouve dans ce gentil film de Pietrangeli les qualités du cinéma italien populaire que nous aimons : peinture pittoresque d’un petit peuple aux silhouettes savoureusement croquées par des acteurs de second plan autour des vedettes dont la drôlerie ne tombe jamais dans la caricature grossière… Les couleurs lumineuses des fantômes blancs, bleus ou argentés apportent à l’ensemble une note de poésie.

Outsiders

OutsidersA la fin des années 50, dans une petite ville de l’Oklahoma, trois frères vivent seuls dans une maison délabrée. Ils s’ennuient. Pas d’études, pas de travail. Seul intérêt de leur existence : les amis. Avec eux, ils forment la bande des Greasers (à cause de leurs cheveux gominés, façon Travolta). Ils ne sortent pas de leur quartier, et jamais en solitaire. Pour la bonne raison qu’ils sont sans cesse harcelés par une bande rivale, les Socs, bien fatigués, riches petits bourgeois, avec super bagnoles. Un soir, la bagarre entre les bandes tourne mal. L’un des adolescents est tué… Coppola, habitué aux superproductions(«Apocalypse now»), s’attaque avec «Outsiders» à un film au budget réduit, et revient à un cinéma plus intimiste. Il nous montre les teenagers américains à l’époque de «La fureur de vivre». Innocence, insouciance du lendemain, soif d’amitié et d’amour, violence déjà, sont les thèmes de réflexion du metteur en scène. Des images de toute beauté, une musique rock (on entend les Them avec leur tube «Gloria»), mais aussi funky (avec Stevie Wonder), accompagnent une histoire simple, mais passionnante jusqu’au bout. Coppola est, il est vrai, lui aussi un outsider.

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