iGreen Houston

Un ecolo à Houston

20 août

Jean-Michel Jarre.

Posted in Mes infos on 20.08.14 by Merlyn

C’est en fait la réalisation d’un vieux rêve. Je voulais justement travailler sur des sons qui n’étaient pas uniquement ceux produits par les synthétiseurs. Comme vous venez de le dire, ce qui m’intéressait, c’était justement d’utiliser des sons naturels et ensuite de les transformer, de les orchestrer, bref de renouveler complètement la palette sonore. Certaines personnes pensent que l’utilisation des technologies audio et vidéo ne peuvent donner que des résultats froids et sans émotion. Je suis totalement persuadé du contraire. Ces technologies nous permettent, paradoxalement, d’être plus concrets. Je peux choisir par exemple tel ou tel son, telle ou telle image et travailler dessus. Un peu comme un peintre qui choisit dans la nature tel ou tel élément à peindre. Ces moyens qui sont des instruments vont devenir très vite classiques. Ce sont effectivement des pinceaux ou des plumes. Pour mon disque «Zoolook», je ne voulais surtout pas que ce soit de près ou de loin apparenté à une œuvre ethnique ou anthropologique. Le fait que les voix que j’ai utilisées viennent de Hongrie, de Laponie ou d’Afrique n’est pas important en soi. Ce qui m’intéressait avant tout, c’est leur tessiture, leur timbre ou leurs couleurs particulières. Je crois de plus en plus aux métissages des cultures, aux mélanges des formes, des sons, des images. La technologie actuelle de l’image et du son permet tout cela.

Jean-Michel Jarre 2OMV.

Est-ce que vous voulez dire que vous utilisez aussi bien un synthétiseur qu’une caméra vidéo ?

J.-M. J.

Exactement. J’ai toujours utilisé la vidéo depuis le début professionnellement ou non. Je viens d’acheter une nouvelle caméra. C’est plus précisément une vidéomovie. Elle est partout avec moi. Je l’utilise pendant les séances de travail au studio et partout ailleurs. En fait c’est devenu pour moi une sorte de bloc-notes sur lequel j’enregistre tout.

V7.

Toutes ces images de votre travail pourraient peut-être vous servir pour faire vos propres clips ?

J.-M. J.

C’est bien mon intention…

V7.

Vous avez, vous aussi, cédé à la mode du clip, pourquoi ?

J.-M. J.

Et pourquoi pas. En fait je n’ai pas cédé à la mode du clip. Il y a très longtemps que j’en fais. Je vends des disques dans le monde entier et n’ayant pas le don d’ubiquité, le seul moyen de les présenter, c’était d’utiliser ce moyen-là. Cela dit, le fait que la vidéo devienne un must et une illustration obligatoire d’une musique, je ne suis pas d’accord. Une des vertus de la musique, c’est de pouvoir justement vous faire rêver, de vous permettre de créer vos propres images. Donner aux gens des images toutes mâchées et standardisées représente un danger de frustration. Il faut donc que le vidéoclip aille beaucoup plus loin. Qu’il soit un véritable mode d’expression au même titre que les autres : cinéma, TV, bande dessinée, etc. Le clip qu’on a fait sur «Zoolook» n’est en aucun cas l’illustration de la musique. Ce serait plutôt son prolongement.

V7.

Que pensez-vous des lecteurs de compact disc, et en avez-vous un ?

J.-M. J.

Bien sûr. Et en plus je crois être un des rares artistes français à avoir tous mes disques en compact. Je suis absolument persuadé que le compact disc va remplacer d’ici quelques années le disque traditionnel. C’est évident, pour des raisons techniques et esthétiques. La qualité est irréprochable et change complètement la façon d’écouter la musique. Cela va même beaucoup plus loin par rapport à notre perception du son. Imaginez que chacun de nous aura un support chez lui qui lui permette d’avoir un original, ou tout au moins la qualité d’une œuvre originale, puisque c’est la même qualité que celle que vous entendez dans un studio d’enregistrement ou dans une salle de concert. C’est fabuleux. J’ai un CD de Malher, on entend les musiciens tourner les pages des partitions.

V7.

Vous avez une démarche complètement intellectuelle et pourtant vous vendez des disques par millions, qu’en pensez-vous ?

J.-M. J.

Je pense d’abord que c’est compatible. Et ensuite je vous dirai que je n’ai une démarche intellectuelle que dans la mesure où je parle des choses ou que j’ai besoin de les expliquer. Quant à mon travail, lui, il ne procède d’aucune de ces démarches. Je fais les choses comme je les sens. Cela vient d’abord des tripes. Enfin, je n’aurai pas la prétention de dire que le fait de vendre beaucoup de disques est un critère de qualité. Il y a trop d’exemples qui prouvent le contraire.

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11 août

Jean-Michel Jarre : Zoolook, good look

Posted in Mes infos on 11.08.14 by Merlyn

Jean-Michel JarreSes disques valent de l’or. Hier, «Oxygène» et «Equinoxe». Aujourd’hui «Zoo-look», le clip de ce dernier vaut le coup d’œil, et les deux oreilles. Jean-Michel Jarre est un homme d’aujourd’hui et de demain. Ouvert à toutes les nouvelles technologies du son et de la vidéo. D’abord l’homme étonne, du haut de toute sa tranquillité. Dans une maison qu’il veut habitée de toutes ses passions, le décor étonne aussi. Comme l’homme. Jean-Michel Jarre pourrait passer aux yeux de n’importe qui pour le dernier des romantiques. Ce qu’il est d’une part et n’empêche rien par ailleurs : sa maison est meublée d’objets hétéroclites qui vont des robots de son dernier clip «Zoolook», en passant par une très belle collection de postes de radio, un imposant système vidéo, deux vieilles voitures américaines, trois juke-boxes du même millésime, un mobilier des années 50, et quelques bergers allemands. Et tout cela cohabite par la grâce des maîtres des lieux. Plus même, tout cela vit, aussi intensément que Jean-Michel Jarre dans sa quête biennale ou triennale de délires musicaux, de curiosités humaines et néanmoins naturelles. «Zoolook», sa plus récente œuvre et non point sa dernière, en est une belle preuve puisque après avoir collecté, et soi-même repiqué tout au long de ses itinéraires, des voix humaines (trop humaines ?), Jean-Michel Jarre s’est transformé en alchimiste. Il a fait ingurgiter à X machines les discours de ses recherches et a produit/réalisé cela : un magma incandescent, une symphonie pour aujourd’hui et pour demain, un témoignage de nos tumultes. Mais d’où vient cette folie ? Et n’est-ce pas le premier des paradoxes, que d’utiliser les voix les plus naturelles (hindou, chinois, arabe, français, dialectes africains, etc.) pour les traiter sans scrupule à l’aide des moyens les plus artificiels (ordinateurs, synthétiseurs, etc.), avant de nous les livrer ?

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