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24 fév

Permis de tuer

Posted in Mes infos on 24.02.14 by Merlyn

Permis de tuer  Le « James Bond » nouveau est arrivé. C’est le second interprété par Timothy Dalton, acteur shakespearien reconverti à la cascade. Mais James Bond sera toujours James Bond ! On lui tue son ami. Il a un compte personnel à régler.

Et il perd son objectivité et son permis de tuer. Le sujet sort un peu de la routine habituelle, mais rien de vraiment nouveau sous la lampe à bronzer de l’agent 007. Même si Bond entre dans l’illégalité, sa façon de s’infiltrer chez le traître, pour mieux le zigouiller et faire exploser sa base secrète, ne change pas par rapport aux films précédents. Les James Bond sont devenus des machines si lourdes que rien ne ressemble plus à un « Bond » que le précédent. Vite consommé, vite oublié ! Le choc «Dr No » ou « Bons baisers de Russie » ou même « L’espion qui m’aimait » est loin. Reste un divertissement à grand spectacle, réalisé avec une maestria et un professionnalisme exemplaires ! Côté cascades, la séquence prégénérique (la capture, par la queue, d’un avion en vol) est très impressionnante. Et, côté effets spéciaux, les scènes avec le requin suscitent ce qu’il faut d’émotions fortes. Entre deux femelles qui craquent pour lui, Bond se sort des situations les plus périlleuses, sans être décoiffé ni même éraflé. Ça fait partie d’un jeu de conventions et de clichés qui ne se renouvelle pas vraiment !

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09 fév

Hollywood memories

Posted in Mes infos on 09.02.14 by Merlyn

Hollywood

Hollywood… Temple effarant et grandiose élevé tout entier à la gloire éphémère du dieu Cinéma sur les hauteurs mordorées et soyeuses de Los Angeles, cet effroyable concept reste encore aujourd’hui un mythe unique au monde, inaltérable et altier. Broyeuse de consciences, trafiquante d’obsessions, la fameuse « usine à rêves» détruisait les faiblards évanescents au destin improbable, fautifs d’avoir beaucoup trop espéré. Du temps de l’âge d’or, il fallait avoir la tête bien vissée sur les épaules pour concilier la vie publique d’une star et la vie privée d’un homme. C’est tout un monde en vase clos qui s’agitait, braillard et vindicatif, tour à tour puissant et quémandeur, magnat et magnanime.

HollywoodCurieux d’ailleurs de constater l’évolution de ce petit hameau qui, jusqu’en 1853, appartenait aux Indiens Cherokee et Cahuenga, jusqu’à ce qu’il soit colonisé par un pionnier du nom de Don Tomas Urquidez et que, plusieurs décennies plus tard, Blaise Cendrars le baptise « La Mecque du cinéma »! Soyons juste, Hollywood n’a pas pondu que des chefs-d’œuvre et n’a pas accouché que de génies. Trop de films y étaient réalisés (796 dans la seule année 1920). Mais le mérite de la collection Hollywood memories, édité chez Antares Travelling, est de nous faire redécouvrir quelques-uns des « incunables» aujourd’hui invisibles, car délaissés par les exploitants de salles et boudés par les responsables de nos chères chaînes de TV. Alors suivez-nous dans la sérénité, nous allons remonter le temps. 1930 est une date capitale dans l’histoire du cinéma puisqu’elle consacre et le premier reflux du parlant et la fin triomphale du muet. Ces années-là marquent la prédominance des major compagnies, telles la Warner et la Columbia ou la Paramount qui acquiert les droits du second roman d’Ernest Hemingway publié en 1922, « L’adieu aux armes». Un jeune lieutenant américain s’engage dans l’armée italienne pendant la Première Guerre mondiale. Il va rencontrer le grand amour auprès d’une infirmière anglaise. Mais en ces périodes si agitées, leur idylle prend vite des allures de cauchemar. Il fallait tout le talent du réalisateur Frank Borzage pour transcender ce mélo flamboyant qu’il réalise en 1932. Il y réussit fort bien, aidé en cela par ses deux interprètes principaux, Gary Cooper et Helen Hayes, réellement habités par leurs rôles. Trois ans plus tard, en 1940, un grand metteur en scène du film d’aventures et d’action, Michael Curtiz, s’attaque sans concession au racisme anti-Noirs avec «La piste de Santa Fe».

HollywoodLe scénario de Robert Buckner est d’une simplicité rare. En 1854, à leur sortie de West Point, Jeb Stuart et George Custer sont envoyés dans le Kansas pour rétablir l’ordre passablement compromis par un certain John Brown qui veut libérer les Noirs de l’esclavage. Cela dit, à cause d’un simplisme par trop primaire dans l’étude des personnages et malgré une scène finale anthologigue l’attaque de l’arsenal fédéral de Harpers Ferry en Virginie , Curtiz passe à côté du pur joyau. Curieusement, l’acteur principal, Errol Flynn, qui avait beaucoup tourné avec Michael Curtiz, dont l’excellent «Silver river», se fâche définitivement avec lui, car il lui reproche son insatiable besoin de perfection dans sa direction d’acteurs qui frôle souvent l’inconscience. Cette décision d’Errol Flynn fait grand bruit, mais ne nuit en rien à la carrière du cinéaste, affilié contractuellement à la Warner Bros et considéré comme son réalisateur number one. Hildy veut changer de vie. Radicalement. Aussi de-mande-t-elle le divorce à son charmant mari Walter, directeur du journal pour lequel elle travaille. Elle lui présente son nouvel ami, Bruce, que Walter conspue cyniquement. Quiproquos mondains et étude de mœurs acerbe, on reconnaît la patte fine de Ben Hecht, le scénariste préféré de Billy Wilder. Pourtant, c’est Howard Hawks, l’enfant chéri d’Hollywood, qui met en scène, toujours en 1940, cette petite merveille d’humour intitulée « La dame du vendredi». Cary Grant et la pétillante Rosalind Russell s’en donnent à cœur joie dans l’humour satirique, somptueusement soutenus par les dialogues ciselés de Charles Lederer. Pas le temps de s’ennuyer dans cette comédie fringante qui n’a pas pris une ride.

Quelques semaines après la fin du tournage, Howard Hawks attaque les premières séquences du « Banni», avec Jack Buetel et Jane Russell. Cette transposition du mythe de Billy the Kid ne devait être à l’origine qu’un western classique à petit budget (environ 450 000 dollars). Mais c’était compter sans la mégalomanie du producteur Howard Hughes, qui crée une telle tension sur le plateau que Hawks fait ses bagages en lui conseillant vertement d’assurer lui-même la réalisation. Ce qu’il fait… et le tournage dure deux ans! En effet, Hugues partageait son temps entre «Le banni» et ses constructions aéronautiques dont l’importance était devenue vitale pour les USA alors en guerre contre le Japon. Le film est enfin terminé, mais sa sortie est compromise par le redoutable Code Hays, l’organe de censure tout-puissant à Hollywood. Ses membres exigent 108 coupes dans le film qui’ ils jugent immoral et licencieux. Hughes proteste. Les censeurs se rendent à ses arguments et ne réclament plus que trois coupes. Le magnat refuse et décide de sortir le film sans visa. Résultat : le public accourt en masse et « Le banni» encaisse cinq millions de dollars! 1945. La production hollywoodienne ne cesse de diminuer pendant la guerre, même si l’industrie du cinéma réalise à tout va des films patriotiques et des comédies pour le délassement des soldats.

HollywoodLe réalisateur Frank Capra fonde, cette même année, sa propre maison de production, la Liberty Film Inc., avec deux amis, Briskin et Tannenbaum, et tourne «La vie est belle», avec James Stewart, Donna Reed et Lionel Barrymore. Au ciel, en cette veille de Noël, on se préoccupe intensément du cas désespéré de Georges Bailey. Ce der-nier, originaire de la campagne, rêve de poursuivre ses études d’architecte et de voyager partout dans le monde. Mais le décès de son père l’oblige à annuler son départ et à reprendre l’entreprise familiale de prêts à la construction, qui permet aux plus déshérités d’acquérir des logements décents. La critique est très partagée pour ce film profondément humaniste qui offre à James Stewart l’un de ses rôles les plus poignants. « Hitch comes back to Hollywood !» Voilà le cri unanime qui salue, toujours en 1945, le retour aux grands studios d’Alfred Hitchcock. Il avait tourné en pleine guerre à Londres deux courts métrages de propagande et commencé à travailler sur l’adaptation d’un livre de Francis Beeding, « La maison du docteur Edwards » qu’il présente dès son arrivée au producteur David O’Selznick. Ce dernier la juge trop «folle» et lui adjoint Ben Hecht pour tempérer l’ensemble. Cette histoire assez complexe qui se déroule dans un asile d’aliénés s’avère au total solidement charpentée. Gregory Peck est parfait dans un rôle trouble face à une Ingrid Bergman diaphane et amoureuse. Les séquences de rêve merveilleuses et inquiétantes, sont conçues par Salvador Dali et bien sûr supervisées par Big Affred. Ce dernier, pourtant pas tendre avec ses comédiens, trouve en Ingrid Bergman une amie et complice.

Il la fait tourner l’année suivante dans «Les enchaînés», sur un scénario de Ben Hecht. En 946, un espion nazi est condamné par un tribunal américain. Sa fille, pas nazie pour un sou, mène une vie dissolue. Un agent du gouvernement lui propose une mission. Elle accepte et ils partent pour Rio. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. De ce point de départ, le Maître réalise l’un de ses films les plus «hitchcockiens». Le travelling qui part du haut de l’escalier pour aboutir sur la clé qu’Alicia-Bergman tient dans sa main reste un somptueux morceau d’anthologie. En 1947, Hitchcock se retrouve face aux exigences tyranniques d’O’Selznick. Pour «Le procès Para-dine », Hitch voulait Garbo et Laurence Olivier, mais l’autre lui impose Gregory Peck. Le film est historique, puisqu’il ponctue l’association Selznik-Hitchcock. De ce film bavard, retenons l’incroyable composition de Charles Laughton en juge foudroyant et cynique. La comédie musicale se porte mal à Hollywood.

Hollywood

Et pourtant, «La pluie qui chante», réalisé en 1946 par Richard Whorf, reste un extravagant bijou de la MGM. Ce film illustre avec luxe et faste la carrière du célèbre musicien Jérôme Kern, parti de rien et parvenu au firmament. Le grand Vincente Minnelli a réglé et réalisé les deux séquences où danse Judy Garland, qui incarne une actrice de «musical» des années 30. Ne manquez pas cet «introuvable» en couleurs, vous pourriez le regretter! C’est au début des années 50 que Hollywood connaît la grande peur avec le maccarthysme, salement initié en 1947 par J. Powell Thomas, alors président de la Commission des activités anti-américaines. Il ne faisait pas bon être communiste, ou même sympathisant en ce temps-là! Mais, malgré l’angoisse, «the show must go on!». En 1950, le réalisateur Michael Gordon s’attaque à un classique de la littérature française, «Cyrano de Bergerac». C’est en 1897 qu’Edmond Rostand écrit cette comédie héroïque en cinq actes en s’inspirant de la vie d’un écrivain homonyme du XVIIe siècle, dont certaines œuvres furent jugées scandaleuses par leurs audaces et leur liberté de ton. José Ferrer qui, dans le film, interprète le rôle-titre, reçoit la même année l’Oscar du meilleur acteur pour cette performance.

A voir, pour comparer avec les versions récentes de Jean-Paul Rappeneau, au cinéma, et de Robert Hossein au théâtre. Plusieurs personnages étranges, marginaux, quelquefois dangereux ont un objectif commun : mettre la main sur un soi-disant gisement d’uranium en Afrique. La trame du roman «Prus fort que le diable», écrit par James Helvick, ne pouvait que séduire ce cinéaste de l’aventure qu’est John Huston. Il fait acheter à Humphrey Bogart les droits d’adaptation. Le tournage allait commencer à Ravello, au sud de Naples, courant 1954, quand Huston rencontre l’écrivain Truman Capote, qui accepte de lui donner un coup de main pour le scénario. Chaque matin, Capote arrivait sur le plateau avec ce qu’il avait écrit la nuit entre deux parties de poker homériques et largement arrosées. Le résultat donne un film curieux, un peu bancal mais très attachant, qui vaut surtout par la présence de Boggie et la sensuelle animalité de Gina Lollobrigida. Le code Hays était formel: «Le trafic de la drogue ne doit être évoqué sous aucune forme, son existence ne doit pas être mentionnée pour ne, pas éveiller l’attention des spectateurs». En 1955, Hollywood voit l’éclosion des producteurs indépendants, beaucoup moins soumis aux exigences souvent étroites qui régissent les grands studios. Otto Preminger est de ceux-là. Il a le coup de foudre pour le roman de Nelson Algren, «L’homme au bras d’or», qui conte les difficultés de Frankie Machine, un ex-drogué, à se réinsérer sans succomber aux tentations. Il envoie le script à Frank Sinatra, qui lit deux pages et donne son accord (son interprétation lui vaudra une nomination à l’Oscar). Dès la sortie du film, Preminger est accusé de prêcher en faveur de la drogue et le film se voit écarté de la sélection américaine au Festival de Cannes. Aujourd’hui, «L’homme au bras d’or» apparaît comme un plaidoyer grave et digne contre tous les abus qui entravent la volonté de l’homme. Preminger nous offre en prime une étonnante leçon de cinéma. Mais ce film est historique à plus d’un titre puisqu’il ouvre une brèche d’importance dans l’armature bétonnée du système hollywoodien. Les indépendants prennent le pas sur les majors et il devient urgent pour elles de se restructurer.

En 1960, Hollywood affronte sa première grève générale déclenchée par la Screen Aqktors Guild. En 1965, Heywood accueille en son sein la télévision, qui s’avère vite être une pépinière de nouveaux talents, tels Lumet, Friedkin ou Frankenheimer. En 1970, Hollywood voit CIC absorber Universel et Paramount. C’est l’ère des fusions, l’époque des métamorphoses. Mais par-delà ces bouleversements, Hollymeid reste et restera une communauté micro-, cosmique de gens, tâcherons ou génies, qui ne vi- ver: par et pour le cette lanterne magique glorieuse et terrifiante dame une maîtresse indomptée.

Autant en emporte le vent…

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